Auto-entrepreneur 2026 : plafonds, charges et nouveautés
Par Lucas Ferrand — 10 mars 2026
En 2026, les plafonds du régime de la micro-entreprise augmentent, les taux de cotisations diffèrent toujours selon l’activité et l’ACRE devient moins avantageuse pour les créations à partir du 1er juillet. Ces chiffres ne doivent pas être confondus avec les seuils de TVA.
« Auto-entrepreneur » et « micro-entrepreneur » désignent aujourd’hui le même régime simplifié. Il ne s’agit pas d’une forme de société : le micro-entrepreneur exerce en entreprise individuelle et bénéficie, sous conditions, des régimes micro-fiscal et micro-social.
À retenir : 203 100 € pour la vente et 83 600 € pour les services ou activités libérales en 2026 ; cotisations calculées sur le chiffre d’affaires encaissé ; seuils de TVA séparés ; formalités de création sur le guichet unique ; sortie du régime micro après deux années consécutives au-dessus du seuil applicable.
Micro-entrepreneur : un régime de l’entreprise individuelle
Le régime simplifie la création, les déclarations et le calcul des cotisations. Fiscalement, le bénéfice imposable est déterminé après un abattement forfaitaire qui dépend de la catégorie de l’activité, sauf option applicable pour le versement libératoire. Socialement, un pourcentage est appliqué au chiffre d’affaires encaissé et déclaré.
Cette simplicité ne signifie pas que toutes les activités sont admises ni que le régime est toujours optimal. Certaines professions réglementées ou activités agricoles, immobilières et artistiques relèvent d’autres dispositifs. Vérifiez l’éligibilité de l’activité avant de comparer seulement les taux.
Plafonds de chiffre d’affaires 2026, 2027 et 2028
Les seuils du régime micro ont été revalorisés pour la période 2026-2028. La fiche officielle Entreprendre Service Public sur les dépassements retient les montants suivants pour les revenus perçus en 2026 :
| Activité | Seuil annuel HT | Point d’attention |
|---|---|---|
| Vente de marchandises et activités commerciales assimilées | 203 100 € | Le seuil ne couvre pas toutes les formes d’hébergement |
| Prestations de services BIC | 83 600 € | Catégorie distincte de la vente |
| Activités libérales BNC | 83 600 € | Vérifier que la profession est éligible |
| Meublé de tourisme non classé | 15 000 € | Régime spécifique à ne pas généraliser |
Pour une création en cours d’année, le seuil est en principe ajusté au prorata du nombre de jours d’activité, hors situations particulières comme certaines entreprises saisonnières. Ne comparez donc pas automatiquement le chiffre d’affaires d’une première année partielle au plafond annuel complet.
Activité mixte : un plafond global et un sous-plafond services
Une personne physique ne peut avoir qu’une seule micro-entreprise, mais elle peut y exercer plusieurs activités. En cas de vente et de prestations de services, le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, tandis que la part correspondant aux prestations de services ne doit pas dépasser 83 600 €.
Les plafonds ne sont donc pas multipliés par le nombre d’activités. La page officielle sur les activités mixtes en micro-entreprise détaille aussi la déclaration de chaque portion de chiffre d’affaires dans sa catégorie.
Cotisations sociales 2026 : les taux par activité
Le régime micro-social calcule les cotisations sur le chiffre d’affaires encaissé. Les taux publiés pour 2026 par le ministère de l’Économie sont :
| Nature de l’activité | Taux global de cotisations sociales 2026 |
|---|---|
| Achat-revente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations commerciales ou artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services et professions libérales hors Cipav (BNC) | 25,6 % |
| Professions libérales réglementées relevant de la Cipav | 23,2 % |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % |
La source à vérifier au moment de la déclaration est la fiche officielle sur les cotisations sociales des micro-entreprises. Elle rappelle également que la déclaration mensuelle ou trimestrielle reste obligatoire même avec zéro chiffre d’affaires.
Ces taux ne représentent pas tout ce qui peut être payé. La contribution à la formation professionnelle s’ajoute selon l’activité : 0,1 % pour une activité commerciale, 0,2 % pour les prestations de services et professions libérales, et 0,3 % pour une activité artisanale selon la fiche officielle. L’impôt sur le revenu, la TVA éventuelle, la CFE et les dépenses professionnelles obéissent à d’autres règles.
ACRE : changement pour les créations à partir du 1er juillet 2026
L’ACRE est une exonération partielle de cotisations, soumise à des conditions et à une demande. Pour les créations intervenant à partir du 1er juillet 2026, le taux minoré correspond à 75 % du taux normal : l’exonération n’est plus que de 25 %, contre 50 % auparavant.
À titre indicatif, cela conduit à des taux minorés de 9,3 % pour la vente, 15,9 % pour les prestations BIC, 19,2 % pour les BNC hors Cipav et 17,4 % pour les professions relevant de la Cipav. Le point de départ, la durée et l’éligibilité doivent être confirmés pour le dossier réel ; ne construisez pas un prévisionnel en supposant l’aide acquise.
Plafonds micro et franchise de TVA : deux mécanismes distincts
Rester sous le plafond de 83 600 € ou 203 100 € n’implique pas automatiquement de rester sans TVA. La franchise en base possède ses propres seuils. La fiche officielle sur la fiscalité du micro-entrepreneur indique notamment 37 500 € pour les prestations de services et 85 000 € pour les activités de commerce et d’hébergement afin d’apprécier la franchise au début d’une année, avec des seuils majorés en cours d’année.
Un prestataire peut donc continuer à relever du régime micro tout en devant facturer et déclarer la TVA. Inversement, le dépassement d’un seuil majoré de franchise peut produire un effet en cours d’année sans attendre la sortie du régime micro. Suivez séparément :
- le chiffre d’affaires encaissé par catégorie pour le régime micro ;
- les seuils de franchise en base et leur période d’appréciation ;
- la date à laquelle la TVA devient applicable ;
- les obligations de facturation et de déclaration qui en découlent.
Que se passe-t-il en cas de dépassement du plafond micro ?
Le dépassement pendant une seule année n’entraîne pas automatiquement la sortie immédiate. Pour être exclu du régime au titre d’une année N, le seuil applicable doit avoir été dépassé pendant deux années civiles consécutives, N-1 et N-2. Il ne s’agit pas d’une « année de tolérance avec plafond majoré ».
La sortie concerne le régime fiscal et social simplifié ; elle doit être préparée avec un professionnel lorsque les montants approchent des seuils. La TVA suit son propre calendrier, potentiellement plus précoce. Un tableau de bord mensuel par activité évite de découvrir ces effets après coup.
Créer sa micro-entreprise en 2026
La déclaration de création ne se fait plus simplement « sur le site de l’Urssaf ». Les formalités passent par le guichet unique géré par l’INPI, accessible depuis la procédure officielle de création d’une micro-entreprise.
- Décrivez précisément l’activité principale et les activités secondaires.
- Vérifiez les conditions de diplôme, d’autorisation ou d’assurance.
- Préparez les pièces d’identité, l’adresse et les déclarations demandées.
- Déposez la formalité sur le guichet unique et conservez le récépissé.
- Répondez aux demandes de régularisation éventuelles.
- Après immatriculation, vérifiez les informations du RNE et vos paramètres Urssaf.
Le délai d’obtention d’un numéro SIRET dépend du dossier et des organismes compétents. Une fourchette fixe non sourcée ne doit pas être présentée comme une garantie.
Déclarations, factures et compte dédié
Déclarez le chiffre d’affaires encaissé chaque mois ou trimestre selon l’option retenue, y compris lorsqu’il est nul. Classez chaque recette dans la bonne catégorie afin que le bon taux soit appliqué. Conservez les justificatifs, tenez les registres applicables et établissez des factures conformes.
Un compte dédié à l’activité devient obligatoire lorsque les recettes dépassent 10 000 € pendant deux années civiles consécutives, sous réserve des règles propres aux commerçants. La fiche Service Public sur le compte du micro-entrepreneur précise qu’il ne doit pas nécessairement s’agir d’une offre bancaire intitulée « compte professionnel » dans toutes les situations.
Simuler son revenu sans confondre chiffre d’affaires et revenu net
Le chiffre d’affaires n’est pas un salaire. Pour estimer ce qui reste, retirez au minimum les cotisations, la CFP, les dépenses professionnelles, les assurances, les frais bancaires, la CFE éventuelle et l’impôt. Ajoutez la TVA uniquement lorsqu’elle est réellement supportée ou collectée selon votre situation.
Le régime micro n’autorise pas la déduction réelle des charges pour déterminer le bénéfice imposable. Une activité avec beaucoup d’achats ou de sous-traitance peut donc devenir moins attractive avant même d’atteindre les plafonds.
Testez plusieurs hypothèses avec notre simulateur auto-entrepreneur, puis comparez avec le comparateur de statuts. Les résultats sont des estimations, pas une liquidation officielle.
Impôt sur le revenu : régime classique ou versement libératoire
Dans le régime fiscal classique, l’administration ne déduit pas vos dépenses réelles. Elle applique au chiffre d’affaires un abattement forfaitaire correspondant à la catégorie de l’activité : 71 % pour certaines activités d’achat-revente et de logement, 50 % pour les prestations BIC et 34 % pour les BNC, avec les règles et minimums applicables. Le bénéfice ainsi calculé rejoint les autres revenus du foyer et est soumis au barème.
Le versement libératoire est une option distincte, accessible seulement si les conditions sont satisfaites. L’impôt est alors versé avec les cotisations selon un pourcentage du chiffre d’affaires : 1 % pour les ventes, 1,7 % pour les prestations BIC et 2,2 % pour les BNC. Ce choix n’est pas automatiquement avantageux : il dépend du revenu fiscal du foyer, du taux d’imposition et de la date d’option. Il ne remplace ni les cotisations sociales ni les autres prélèvements.
Pour décider, comparez le coût annuel dans les deux scénarios avec les revenus du foyer. Ne confondez jamais taux de cotisations, versement libératoire et abattement fiscal : ils répondent à trois calculs différents.
Checklist micro-entreprise 2026
- Qualifier l’activité : vente, BIC services, BNC ou Cipav.
- Vérifier qu’elle est compatible avec le régime micro.
- Appliquer le plafond 2026 et le prorata de première année.
- Suivre séparément les seuils de TVA.
- Choisir une fréquence de déclaration adaptée à la trésorerie.
- Vérifier l’éligibilité et les conditions de l’ACRE.
- Anticiper les dépenses non déductibles au réel dans ce régime.
- Mettre à jour les devis, factures, mentions légales et assurances.
- Contrôler chaque mois le cumul par catégorie d’activité.
- Préparer un changement de régime avant deux dépassements consécutifs.
Notre checklist auto-entrepreneur aide à suivre ces étapes. Vérifiez néanmoins les sources officielles juste avant une décision fiscale, sociale ou de création.
Questions fréquentes
Les cotisations sont-elles toujours linéaires ?
Le pourcentage micro-social s’applique au chiffre d’affaires déclaré, mais le coût total ne se limite pas à ce taux. CFP, impôt, CFE, TVA éventuelle et dépenses peuvent modifier le revenu disponible.
Peut-on avoir deux micro-entreprises ?
Une personne physique n’en possède qu’une, mais plusieurs activités peuvent y être déclarées. Les recettes doivent être ventilées et les plafonds globaux et sectoriels respectés.
Dépasser 83 600 € fait-il perdre immédiatement le régime ?
Pas à lui seul sur une seule année. La règle de sortie regarde deux années consécutives, tandis que la TVA peut devenir applicable plus tôt selon ses propres seuils.
Créer une micro-entreprise prend-il toujours quelques minutes ?
Le formulaire peut être rapide, mais l’instruction dépend de l’activité, des pièces et des organismes. Une activité réglementée ou un dossier incomplet peut nécessiter des démarches supplémentaires.
Information générale, pas conseil fiscal, social ou juridique individualisé. Données vérifiées le 24 juillet 2026 sur Entreprendre Service Public, le ministère de l’Économie et l’Urssaf. Les règles peuvent dépendre de l’activité, de la date de création, du lieu et des options retenues.