CGV ecommerce modèle gratuit 2026 : template complet et générateur en ligne
Par Équipe juridique SideBizStarter — 4 mai 2026
Les CGV ecommerce 2026 conformes au droit français doivent couvrir 13 sections obligatoires, intégrer la réforme garantie de conformité de janvier 2022 et le droit de rétractation de 14 jours issu de la loi Hamon. Cet article partage le template que j’utilise pour mes clientes depuis trois ans, avec la version à jour 2026 et l’explication clause par clause.
Le constat qui revient le plus souvent dans les CGV qu’on me soumet en relecture, c’est l’écart entre ce que la boutique fait réellement (livraison 5 jours) et ce que ses CGV promettent (« livraison sous 48h »), entre le délai de rétractation effectif (14 jours, loi Hamon de 2014) et celui mentionné dans des modèles plus anciens (7 jours), ou l’oubli pur et simple de la mention RGPD. Sur des modèles téléchargés sur des blogs en 2023-2024, c’est encore la majorité des cas.
Le template ci-dessous est celui que je révise tous les six mois pour intégrer les évolutions juridiques (réforme garantie 2022, suppression de la plateforme ODR en 2025). Il sert de base de travail aux boutiques que j’accompagne, et je l’explique clause par clause pour que tu puisses l’adapter à ton activité spécifique.
Pourquoi les modèles CGV ecommerce gratuits qui traînent sont souvent dangereux
La majorité des modèles CGV ecommerce gratuits qui circulent en ligne sont périmés ou génériques. Sur dix modèles téléchargés au hasard, j’estime qu’au moins six contiennent des clauses obsolètes par rapport au droit en vigueur en 2026.
Je comprends l’envie : tu lances ta boutique, tu as déjà dépensé pour le site, les photos, le stock, et tu ne veux pas payer un avocat 500 € pour des CGV. Tu cherches « CGV ecommerce gratuit » sur Google, tu tombes sur dix modèles qui se ressemblent, tu télécharges le premier, tu copies dedans ton nom de boutique, et tu penses avoir fait le job.
Le souci, c’est que les obligations légales évoluent vite. Le droit de rétractation est passé de 7 à 14 jours avec la loi Hamon du 17 mars 2014, applicable depuis le 13 juin 2014. Le RGPD est applicable depuis le 25 mai 2018. La garantie légale de conformité a été refondue par l’ordonnance du 29 septembre 2021, applicable aux contrats conclus à partir du 1er janvier 2022. Un modèle publié en 2019 et jamais mis à jour est potentiellement à moitié périmé sur tous ces points.
Deuxième souci, les modèles sont écrits « pour un site ecommerce » en général, sans distinction entre vente de produits physiques, produits numériques, services, abonnements, vente B2B ou B2C. Ces cas d’usage relèvent de régimes légaux différents. Un modèle générique couvre mal chacun.
Troisième souci, les modèles copiés depuis un autre vendeur reproduisent les erreurs du vendeur original. J’ai déjà vu un modèle qui mentionnait un médiateur qui n’existait plus, parce que le vendeur d’origine avait copié d’un autre site sans vérifier.
Un bon modèle CGV ecommerce doit être daté 2026, spécialisé par type de vente, et vérifié clause par clause. C’est rare gratuitement.
Les 13 sections d’un modèle CGV ecommerce complet en 2026
Voici la structure que je recommande pour des CGV ecommerce conformes au droit français en 2026, avec un commentaire sur chaque section et les références légales associées.
Section 1 : Préambule et identification du vendeur
Commence par dire qui tu es. Nom, raison sociale, forme juridique, adresse, numéro SIRET et RCS, numéro de TVA intracommunautaire si applicable, email de contact, et un moyen de contact rapide (téléphone OU formulaire avec engagement de réactivité), plus le nom du directeur de la publication si applicable.
Cette section répond à l’obligation pré-contractuelle d’information posée par l’article L111-1 du Code de la consommation. Pour aller au texte source, voir le Code de la consommation sur Légifrance.
Section 2 : Objet et champ d’application
Une phrase qui explique que les CGV s’appliquent à toute vente effectuée sur le site. Tu peux préciser que des conditions particulières peuvent s’y ajouter pour des opérations spécifiques (promotions, ventes flash, programmes de fidélité).
Section 3 : Produits vendus
Description générale de ce que tu vends. Important : précise que les photos et descriptions sont fournies à titre indicatif, et que les couleurs peuvent varier selon l’écran. Cette mention évite les réclamations sur des différences visuelles mineures.
Section 4 : Prix
Les prix sont indiqués en euros, TTC, hors frais de livraison. Les frais de livraison sont ajoutés avant validation de la commande. Tu précises que tu te réserves le droit de modifier les prix, mais que les commandes validées sont honorées au prix affiché au moment de la validation.
Section 5 : Commandes
Le process de commande en quatre à six étapes (sélection produit, panier, identification, livraison, paiement, validation). Mention importante : la commande devient définitive au moment de la validation, pas au moment du paiement. Cette distinction protège contre certaines fraudes.
Section 6 : Paiement
Liste des moyens de paiement acceptés (CB, Apple Pay, PayPal, Shopify Pay, etc.). Mention de la sécurisation (SSL, prestataire tiers type Stripe ou Shopify Payments). Précise le moment du débit (à la commande ou à l’expédition).
Section 7 : Livraison
Délais estimés, zones de livraison, frais de port. Précise que les délais ne sont pas contractuels sauf mention contraire, et qu’un retard dans la livraison n’engage pas la responsabilité du vendeur en cas de force majeure. En cas de retard important, le client peut, selon l’article L216-2 du Code de la consommation, résoudre le contrat et obtenir le remboursement.
Section 8 : Droit de rétractation
La section critique. Tu dois informer ton client de plusieurs points précis.
D’abord, son droit de rétractation de 14 jours calendaires à compter de la réception du bien (article L221-18 du Code de la consommation). Ensuite, comment exercer ce droit : formulaire type, email, ou lettre. Tu dois aussi indiquer qui paie les frais de retour (toi ou le client, c’est ton choix mais doit être clair) et le délai de remboursement, qui est de 14 jours après réception du retour ou de la preuve d’expédition. Enfin, tu dois lister les exceptions au droit de rétractation : produits personnalisés, produits périssables, produits numériques dématérialisés exécutés avec accord exprès du consommateur, biens d’hygiène descellés.
Si tu n’informes pas correctement ton client de son droit de rétractation, le délai est prolongé jusqu’à 12 mois supplémentaires. Voir le détail sur la fiche officielle Service Public, et le texte intégral des articles L221-18 à L221-28 du Code de la consommation sur Légifrance. Le régime complet figure aux articles L221-18 à L221-28 du Code de la consommation.
Section 9 : Garanties légales
Mention explicite des deux garanties françaises obligatoires.
D’abord la garantie légale de conformité : 2 ans à compter de la délivrance du bien, articles L217-3 et suivants du Code de la consommation. Cette garantie a été refondue par l’ordonnance du 29 septembre 2021, applicable aux contrats conclus à partir du 1er janvier 2022. Pour les biens d’occasion, la présomption d’antériorité du défaut est de 12 mois (et non 24).
Ensuite la garantie des vices cachés : action à exercer dans un délai de 2 ans à compter de la découverte du vice (article 1648 du Code civil), enfermée dans un délai butoir de 20 ans à compter de la vente (article 2232 du Code civil). Cette unification a été tranchée par la Cour de cassation en chambre mixte le 21 juillet 2023. Le régime substantiel figure aux articles 1641 à 1648 du Code civil.
Tu peux ajouter une garantie commerciale propre, mais elle ne doit jamais prétendre remplacer les garanties légales : les garanties légales sont d’ordre public. Depuis le décret du 29 juin 2022, tu dois aussi intégrer un encadré spécifique dans tes CGV détaillant les modalités de mise en œuvre de la garantie légale de conformité.
Section 10 : Responsabilité
Clause de limitation de responsabilité : force majeure, faute du client, problème du transporteur une fois le colis remis. La limitation doit rester raisonnable. Toute clause qui prétend exclure totalement la responsabilité du vendeur est réputée non écrite.
Section 11 : Données personnelles et RGPD
Mention claire du responsable de traitement, de la finalité, de la base légale (exécution du contrat, intérêt légitime, consentement selon les cas), de la durée de conservation, et des droits du client (accès, rectification, suppression, opposition, portabilité). Renvoi vers une politique de confidentialité séparée plus détaillée. Pour les bonnes pratiques de rédaction, voir les guides RGPD de la CNIL.
Section 12 : Médiation et litiges
Trois informations obligatoires sur ce point.
D’abord, en cas de litige, le client peut saisir gratuitement un médiateur de la consommation : tu dois mentionner son nom et ses coordonnées (article L612-1 du Code de la consommation). Ensuite, depuis le 20 juillet 2025, la plateforme européenne de règlement en ligne des litiges (RLL/ODR) a été supprimée par le règlement (UE) 2024/3228 et n’a plus à être mentionnée dans les CGV. Pour les litiges transfrontaliers, le consommateur peut saisir le Centre Européen des Consommateurs France (CEC France). Enfin, tu précises la juridiction compétente : selon l’article R631-3 du Code de la consommation, le consommateur peut saisir, à son choix, la juridiction du lieu où il demeurait au moment de la conclusion du contrat ou de la survenance du fait dommageable, ou celle du domicile du défendeur.
Section 13 : Dispositions finales
Nullité partielle (si une clause est invalidée, les autres restent en vigueur), droit applicable (droit français), date de dernière mise à jour des CGV. Cette dernière mention est importante : elle montre que tes CGV sont à jour et sérieuses.
Mon modèle CGV ecommerce complet à adapter
Le template que j’utilise couvre ces 13 sections et fait environ 8 pages au format A4. Il est construit pour une boutique qui vend des produits physiques à des particuliers en France, avec des livraisons dans l’Union européenne.
Tu peux le télécharger ici : notre template CGV ecommerce.
Pour des cas spécifiques (produits numériques, services, abonnements récurrents, marketplace), il faut adapter certaines clauses. Si tu n’es pas sûre, le générateur de CGV SBS te guide dans un formulaire qui active les bonnes clauses selon ton type de vente. Il couvre le e-commerce standard, les services, les prestataires freelance, et génère un document prêt à publier en deux minutes.
À noter sur le DSA (Digital Services Act, applicable depuis le 17 février 2024) : ce règlement européen vise les « fournisseurs de services intermédiaires en ligne » comme les marketplaces, hébergeurs, réseaux sociaux. Une boutique Shopify classique qui vend ses propres produits n’est pas une plateforme intermédiaire au sens du DSA. Si tu opères une marketplace qui met en relation acheteurs et vendeurs tiers, en revanche, le DSA s’applique et impose des obligations spécifiques (signaleurs de confiance, transparence, mécanismes de notification).
Pour les boutiques Shopify en particulier, j’ai un article dédié avec les clauses spécifiques : CGV Shopify 2026.
Comment savoir si des CGV ecommerce sont de qualité (test en trois minutes)
Si tu trouves un modèle CGV ecommerce en ligne, voici cinq vérifications rapides pour juger si elles sont sérieuses et à jour 2026.
Date de dernière mise à jour. Cherche en haut ou en bas du document une mention « Version du [date] » ou « Dernière mise à jour : [date] ». Si aucune date n’apparaît, ou si la date est antérieure à 2024, méfie-toi : la réforme garantie de conformité (2022) et le DSA (2024) ne sont pas pris en compte.
Droit de rétractation à 14 jours. Cherche « 14 jours ». Si tu vois encore « 7 jours », les CGV sont obsolètes depuis l’application de la loi Hamon en juin 2014.
Garantie de conformité à 2 ans. Vérifie la mention « 2 ans » pour la garantie légale de conformité (article L217-3 du Code de la consommation), pas « 1 an » ou « 6 mois ».
Médiateur de la consommation nommé. Le nom du médiateur doit apparaître explicitement, avec ses coordonnées. Si c’est juste « un médiateur de la consommation » sans nom, c’est insuffisant au regard de l’article L612-1.
Cinquième vérification, regarde les prestataires de paiement cités. Si les CGV parlent encore de Paybox ou Ogone comme prestataires de paiement, elles datent d’avant 2018 et n’ont probablement rien d’autre à jour.
Si une seule de ces vérifications échoue, les CGV ne sont pas à jour. Si trois échouent, jette-les et reprends un template propre.
Questions fréquentes sur les CGV ecommerce 2026
Dois-je faire valider mes CGV par un avocat ?
Pour une petite boutique qui démarre, ce n’est pas obligatoire. Un modèle sérieux adapté au droit français et daté 2026 couvre la grande majorité des cas standards. Tu peux faire valider par un avocat quand tu atteins un chiffre d’affaires significatif (plusieurs dizaines de milliers d’euros par an) ou si tu vends dans une niche à risque (santé, cosmétique, produits financiers, alimentation infantile).
Puis-je utiliser les mêmes CGV pour plusieurs sites ?
Non. Tes CGV doivent refléter la réalité de chaque site : le nom du vendeur, les produits vendus, les moyens de paiement acceptés, les délais de livraison. Si tu as deux boutiques distinctes, tu dois avoir deux jeux de CGV distincts, même s’ils sont à 80% identiques sur les clauses légales.
Que se passe-t-il si un client ne lit pas mes CGV avant de commander ?
Le client n’est pas obligé de lire les CGV en détail, mais il doit avoir eu la possibilité de les consulter avant de commander. Une case « J’ai lu et j’accepte les CGV » cochée dans le tunnel de commande suffit à établir le consentement. Sans cette case, les CGV peuvent être jugées non opposables au client.
Les CGV peuvent-elles être écrites dans une autre langue que le français ?
Pour une vente en France à des consommateurs français, les CGV doivent être en français (loi Toubon du 4 août 1994). Si tu vends aussi à l’international, tu peux ajouter des traductions, mais la version française fait foi en cas de litige avec un consommateur français.
Puis-je modifier mes CGV après qu’un client a commandé ?
Pas pour les commandes déjà passées. Les CGV en vigueur au moment de la commande s’appliquent à cette commande, même si tu les modifies ensuite. Tu peux modifier tes CGV pour les commandes futures, mais tu ne peux pas appliquer rétroactivement de nouvelles CGV à des clients existants.
Pour conclure
Des CGV ecommerce 2026 conformes représentent environ 8 pages et 13 sections, avec une relecture honnête. C’est gratuit si tu prends le temps de le faire proprement à partir d’un bon template à jour. Le mien est dans l’article, le générateur SBS fait aussi le travail si tu veux aller vite.
Pense à deux derniers points souvent oubliés : tes CGV doivent être accessibles depuis toutes les pages de ton site (pied de page suffit), et la case « J’accepte les CGV » doit être cochée par le client dans ton tunnel de commande pour leur être opposables.