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Comment calculer son TJM en freelance : la méthode complète 2026

10 min de lecture Par

Par Lucas Ferrand — 18 mars 2026

Par Lucas Ferrand · Fondateur et rédacteur en chef SideBizStarter — Entrepreneur depuis 2018 (6 ans ESN/fintech avant indépendance)
Publié le 18 mars 2026 · Mis à jour le 24 juillet 2026

Calculer son TJM ne consiste pas à multiplier un salaire par un coefficient universel. Il faut partir du montant que l’activité doit rendre disponible, ajouter les dépenses, tenir compte des prélèvements applicables, puis répartir le chiffre d’affaires nécessaire sur un nombre réaliste de jours facturables. Le résultat reste une hypothèse de gestion : le prix accepté dépend ensuite de la mission et du marché réellement observé.

Réponse courte : estimez d’abord votre chiffre d’affaires HT annuel nécessaire, puis divisez-le par vos jours réellement facturables. Pour une micro-entreprise, utilisez le taux social correspondant à votre catégorie. En 2026, les prestations de services BIC sont à 21,2 %, les professions libérales hors Cipav à 25,6 % et celles relevant de la Cipav à 23,2 %, hors dispositifs ou contributions particuliers.

Ce que mesure vraiment un TJM

Le taux journalier moyen est un prix de vente hors taxes par journée facturée. Il ne correspond ni à un salaire net, ni au revenu du foyer, ni au coût complet d’une journée de travail. Une journée consacrée à la prospection, à l’administration, à la formation ou à un congé n’est généralement pas facturée ; elle doit pourtant être financée par les missions vendues.

Le TJM calculé est un prix plancher indicatif fondé sur vos hypothèses. Il sert à tester la cohérence économique d’un objectif. Il ne garantit pas qu’un client acceptera ce montant et ne dit pas, à lui seul, si le statut choisi est adapté.

Définir un disponible avant impôt sur le revenu

Commencez par le montant mensuel que vous souhaitez conserver après cotisations sociales et dépenses professionnelles, mais avant impôt sur le revenu. Cette définition évite d’appeler « net » un montant qui dépend encore du foyer fiscal, du prélèvement à la source ou d’une option pour le versement libératoire.

Multipliez ce disponible mensuel par douze. Si votre activité est saisonnière ou si vous ne souhaitez pas lisser votre revenu sur l’année, construisez plutôt un tableau mensuel. Le calcul annuel reste utile pour vérifier les plafonds et la capacité de l’activité à financer les périodes non facturées.

Recenser les dépenses sans forfait inventé

Listez les dépenses réellement prévues : assurance, logiciels, comptabilité, matériel, sous-traitance, déplacements, espace de travail, banque, formation et communication. Utilisez des devis, contrats ou factures lorsque vous en avez. Une fourchette générique trouvée en ligne n’est pas votre budget.

En micro-entreprise, les dépenses réelles ne sont pas déduites du chiffre d’affaires pour calculer les cotisations sociales. Elles réduisent néanmoins le montant disponible. Elles doivent donc apparaître dans le besoin de chiffre d’affaires, même lorsque la comptabilité du régime reste simplifiée.

Choisir le bon taux micro-social en 2026

Le régime micro-social applique un pourcentage au chiffre d’affaires encaissé. Les pages officielles de l’Urssaf et de Service Public indiquent pour 2026 :

  • 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales relevant des BIC ;
  • 25,6 % pour les professions libérales non réglementées relevant des BNC hors Cipav ;
  • 23,2 % pour les professions libérales relevant de la Cipav.

Ces taux ne couvrent pas automatiquement tous les flux. La contribution à la formation professionnelle, la CFE éventuelle, l’impôt sur le revenu et la TVA doivent être examinés séparément. L’Acre ou une situation particulière peut aussi modifier le taux. Vérifiez la catégorie affichée dans votre espace Urssaf avant de figer un tarif.

Ajouter une réserve explicite

Une réserve peut absorber un décalage de paiement, une dépense oubliée ou une période moins remplie. Elle doit être visible dans le calcul, par exemple 5 % ou 10 %, et non cachée dans une fausse moyenne de marché. Testez plusieurs scénarios au lieu de présenter un seul résultat comme certain.

Dans la formule ci-dessous, le taux de réserve est appliqué au chiffre d’affaires en même temps que le taux social. C’est une convention de simulation, pas une obligation comptable. Si vous préférez constituer une réserve fixe en euros, ajoutez-la aux dépenses annuelles et n’appliquez pas de pourcentage.

La formule reproductible

Pour une micro-entreprise, une formule simple est :

CA HT annuel indicatif = (disponible annuel visé + dépenses annuelles) ÷ (1 − taux social − taux de réserve).

Puis :

TJM indicatif HT = CA HT annuel indicatif ÷ nombre de jours facturables.

Le dénominateur doit rester positif. Si les taux cumulés approchent 100 %, la simulation n’a plus de sens. Ce modèle n’est pas adapté tel quel à une société soumise à d’autres cotisations, à une rémunération de dirigeant ou à l’impôt sur les sociétés : il faut alors construire un compte de résultat et un scénario de rémunération propres au statut.

Exemple détaillé en micro-BNC hors Cipav

Une personne vise 3 000 € disponibles par mois avant impôt sur le revenu, soit 36 000 € par an. Elle prévoit 3 600 € de dépenses annuelles, retient le taux micro-social 2026 de 25,6 % et ajoute une réserve de 10 %. Elle estime pouvoir facturer 120 jours dans l’année.

  1. Besoin avant grossissement : 36 000 € + 3 600 € = 39 600 €.
  2. Part restante après taux social et réserve : 1 − 0,256 − 0,10 = 0,644.
  3. CA HT indicatif : 39 600 € ÷ 0,644 = 61 490,68 €.
  4. TJM indicatif : 61 490,68 € ÷ 120 = 512,42 € HT.

Arrondir à 515 € ou tester 520 € relève d’une décision commerciale. Ce résultat ne comprend pas l’impôt sur le revenu, la CFP, la CFE éventuelle ni une TVA à reverser. Il ne signifie pas non plus que 120 jours seront effectivement vendus.

Estimer les jours facturables sans moyenne universelle

Partez de votre propre capacité. Notez les mois d’activité, les jours disponibles par mois, les missions déjà signées et les périodes réservées à d’autres tâches. Retirez les jours de prospection, de préparation non vendue, d’administration, de formation, de congé ou d’indisponibilité qui ne sont pas déjà compris dans votre saisie.

Construisez au moins trois hypothèses : prudente, centrale et haute. Par exemple, 90, 120 et 145 jours si ces volumes sont cohérents avec votre situation. Le même besoin annuel donnera un TJM plus élevé dans le scénario prudent. Cette sensibilité est une information utile : elle montre à quel point le modèle dépend du taux d’occupation.

Le calculateur TJM permet désormais de saisir directement les jours facturables par mois, les mois facturés et une réduction de prudence. Ses résultats restent des simulations avant impôt sur le revenu.

Vérifier le plafond micro et distinguer la TVA

Service Public indique un seuil de chiffre d’affaires HT de 83 600 € pour les prestations de services BIC et les activités libérales BNC en 2026. Les règles de sortie du régime s’apprécient sur plusieurs années et comportent des cas particuliers, notamment en création ou en activité mixte.

La franchise en base de TVA suit d’autres seuils. Dépasser le seuil de franchise ne signifie pas automatiquement sortir du régime micro ; cela peut imposer de facturer et déclarer la TVA. Comparez le CA annuel produit par votre formule avec les deux cadres, sans les confondre. Notre guide sur la micro-entreprise en 2026 détaille ces repères.

Comparer le résultat au marché avec des preuves

Un tableau national sans date ne suffit pas. Recherchez des missions comparables : même métier, niveau d’autonomie, responsabilité, livrable, durée, secteur et localisation. Relevez des budgets d’appels d’offres, des missions publiées, des retours de prospects et des devis réellement discutés. Datez chaque observation.

Si le TJM calculé dépasse régulièrement les budgets observés, les options ne se limitent pas à baisser le prix. Vous pouvez réduire certaines dépenses, augmenter les jours vendus sans sacrifier la qualité, modifier le périmètre, vendre un résultat au forfait, cibler un segment différent ou revoir l’objectif de disponible. Une hausse annuelle automatique n’est pas une règle ; elle doit être reliée à la valeur, aux coûts et aux conditions de marché.

Passer du TJM au devis

Le TJM est une unité de construction. Un devis doit surtout décrire le besoin, les livrables, les hypothèses, les exclusions, le calendrier, le nombre d’allers-retours et les conditions de paiement. Une mission courte n’est pas mécaniquement plus chère ; son prix dépend du coût de cadrage, de l’urgence, du risque et de la valeur attendue.

Pour un forfait, estimez les jours nécessaires, multipliez-les par le TJM, ajoutez les coûts externes et documentez une marge de risque. Ne révélez pas forcément le nombre de jours au client si la vente porte sur un livrable, mais gardez cette décomposition en interne. Le générateur de devis aide à structurer le document ; il ne remplace pas l’estimation du périmètre.

Tester la rentabilité avant de retenir le tarif

Un TJM élevé ne rend pas automatiquement l’activité rentable. Le nombre de jours vendus, les délais d’encaissement, les impayés, les coûts et le temps non facturé comptent autant. Construisez un budget mensuel avec les dates de facture et de paiement, puis testez une baisse d’activité ou un retard client.

Le guide Comment savoir si une activité est rentable propose une lecture complémentaire par marge et trésorerie. Gardez séparés chiffre d’affaires, trésorerie disponible, résultat économique et revenu personnel.

Checklist avant d’envoyer un prix

  1. Définir le disponible visé avant impôt sur le revenu.
  2. Lister les dépenses annuelles sur preuves ou hypothèses explicites.
  3. Vérifier la catégorie et le taux social dans l’espace Urssaf.
  4. Ajouter la CFP, la CFE, l’impôt et la TVA lorsqu’ils sont applicables.
  5. Estimer les jours réellement facturables avec un scénario prudent.
  6. Calculer le CA HT annuel puis le TJM correspondant.
  7. Comparer le CA aux seuils micro et TVA sans les confondre.
  8. Comparer le prix à des missions datées et réellement comparables.
  9. Formaliser périmètre, exclusions, calendrier et paiement dans le devis.
  10. Recalculer après les premières missions avec vos données réelles.

Questions fréquentes

Faut-il intégrer l’impôt sur le revenu dans le TJM ?

Vous pouvez construire un second scénario après impôt, mais il faut connaître le foyer fiscal, le mode d’imposition et les autres revenus. Le calcul de base présenté ici s’arrête volontairement avant impôt sur le revenu afin de ne pas afficher un faux « net » universel.

Peut-on utiliser la formule pour une SASU ou une EURL ?

Pas directement. Une société combine dépenses déductibles, cotisations dépendant de la rémunération, fiscalité de l’entreprise et fiscalité personnelle. Utilisez un simulateur officiel ou un professionnel avec les hypothèses exactes, puis reconvertissez le chiffre d’affaires requis en jours facturables.

Doit-on accorder une remise pour une mission longue ?

Une mission longue peut réduire le temps commercial ou sécuriser le planning, mais elle crée aussi une dépendance et réserve de la capacité. Chiffrez les deux effets. Une remise n’a de sens que si la contrepartie est explicite : volume ferme, acompte, engagement de durée ou périmètre standardisé.

Sources officielles vérifiées

Simulation de gestion, pas conseil fiscal personnalisé. Taux et seuils vérifiés le 24 juillet 2026 sur les sources officielles ci-dessus. Votre catégorie Urssaf, votre situation fiscale et les textes applicables priment.

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Lucas Ferrand Fondateur de SideBizStarter et rédacteur en chef. Entrepreneur depuis 2018, après 6 ans en tant que développeur salarié dans l'ESN et la fintech. J'ai lancé mon premier side business en parallèle de mon emploi, puis j'ai basculé en indépendant complet en 2021. Je connais les deux côtés : les contraintes de temps du salarié qui monte son projet le soir, et la gestion administrative de l'indépendant à plein temps. Sur SideBizStarter, je partage les méthodes, les statuts (auto-entrepreneur, EI, EURL, SASU) et les questions de cumul salariat/entrepreneuriat avec des chiffres précis pour 2026. Engagement éditorial : toutes les affirmations chiffrées sont sourcées (URSSAF, BPI, service-public.fr), les sujets réglementaires sont relus par Julie Perrin, et je mets à jour les guides dès qu'un seuil ou un taux change officiellement. Écris-moi si tu vois une erreur factuelle.