Comment faire un devis : guide complet pour débutants 2026
Par Lucas Ferrand — 8 mai 2026
Pour faire un devis, commencez par qualifier la prestation et le client, puis décrivez le résultat attendu, chiffrez chaque poste, fixez les conditions de l’offre et organisez son acceptation. Les mentions exactes dépendent du secteur, du statut de l’entreprise et du contexte B2B ou B2C : il n’existe pas une liste universelle valable pour tous les devis.
Le parcours en 7 étapes : vérifier si un devis est imposé ; identifier les parties ; borner le périmètre ; calculer et présenter le prix ; fixer validité et paiement ; prévoir l’acceptation ; envoyer puis archiver le dossier de preuve.
1 — Vérifier si un devis est obligatoire dans votre situation
En France, le devis n’est pas obligatoire pour toute vente ou prestation. Il l’est dans plusieurs activités encadrées, notamment certaines prestations de dépannage, réparation et entretien dans le bâtiment et l’équipement de la maison, les services à la personne à partir du seuil réglementaire, le déménagement, certaines prestations funéraires, d’optique ou de santé. Un client peut aussi demander un devis lorsque la réglementation ne l’impose pas.
La fiche de la DGCCRF rappelle que le contenu varie selon la prestation et le texte applicable. Avant de recopier une trame, cherchez donc la règle propre à votre activité, le mode de conclusion et la qualité du client. La barre de 1 500 € concerne la preuve par écrit de certains actes juridiques ; ce n’est pas un seuil général qui rendrait automatiquement tout devis obligatoire.
2 — Identifier correctement les deux parties
Indiquez le nom ou la dénomination de l’entreprise, son adresse et ses identifiants pertinents. Pour une entreprise individuelle, la dénomination professionnelle incorpore le nom précédé ou suivi de « entrepreneur individuel » ou « EI » sur les documents et correspondances professionnels. Les mentions d’immatriculation et d’identification dépendent de la forme et de la situation de l’entreprise.
Ajoutez les coordonnées du client nécessaires au contrat : nom ou raison sociale, adresse et contact de suivi. Pour un client professionnel, le Siret peut aider à éviter une confusion entre établissements, mais sa présence sur le devis ne remplace pas la vérification de l’identité contractante.
Si l’activité démarre, ne promettez pas un numéro qui n’a pas encore été attribué. Le régime de l’entrepreneur individuel prévoit aussi le cas d’un document antérieur à l’immatriculation en faisant apparaître la date déclarée de début d’activité. Vérifiez votre situation au Guichet unique plutôt que d’annoncer un délai de formalité standard.
3 — Donner au devis une référence exploitable
La numérotation chronologique et continue est une obligation connue des factures. Pour un devis généraliste, une référence interne unique reste surtout une bonne pratique de gestion et de preuve, sauf règle sectorielle particulière. Un format comme DEV-2026-0042 permet de relier l’offre, les échanges, l’acceptation, les avenants et la facture sans présenter cette convention interne comme une obligation universelle.
Ajoutez la date d’émission et distinguez clairement chaque nouvelle version. Si le périmètre change, produisez un avenant ou une version qui indique ce qu’elle remplace ; évitez que deux propositions contradictoires paraissent valables en même temps.
4 — Décrire le résultat, les limites et le calendrier
Un bon devis répond à quatre questions : qu’est-ce qui est livré, en quelle quantité, avec quelles limites et à quelle échéance ? Remplacez « création de site » par une description vérifiable : nombre de pages, fonctions incluses, contenus fournis par le client, nombre d’allers-retours, environnement de mise en ligne et critères de réception.
Précisez aussi les exclusions et dépendances : accès à fournir, validation attendue, déplacement, achat de licence, matériaux, hébergement, maintenance ou reprise de données. Les exclusions ne servent pas à cacher un coût ; elles empêchent de confondre l’offre principale avec une option ou une prestation future.
Pour partir d’une structure modifiable, utilisez le modèle de devis Word, Excel et PDF. Le présent guide explique la méthode ; la page modèle fournit les formats.
5 — Construire un prix lisible et reproductible
Décomposez le prix par poste lorsque cela aide le client à comprendre l’offre : quantité, unité, prix unitaire, remise éventuelle, frais annexes, base hors taxes, taux de TVA applicable et total toutes taxes comprises. Si la prestation ne permet pas un prix exact à l’avance, expliquez la méthode de calcul et les hypothèses au lieu d’afficher un forfait ambigu.
Le tarif peut être horaire, journalier, forfaitaire ou organisé par phase. Le choix dépend du risque de périmètre et du livrable, pas d’une fourchette universelle par métier. Pour calculer un plancher à partir de vos coûts et de votre capacité facturable, consultez le guide de calcul du TJM ; pour un prix de vente, le calculateur de prix explicite ses hypothèses.
6 — Traiter la TVA selon la situation réelle
Affichez les montants et le taux de TVA lorsque l’opération y est soumise. Si l’entreprise bénéficie de la franchise en base, la formule « TVA non applicable, article 293 B du CGI » est utilisée sur les documents concernés ; ne créez pas artificiellement deux totaux différents. Une opération exonérée, autoliquidée ou internationale demande une mention adaptée.
Le guide du devis auto-entrepreneur traite séparément la franchise, l’identité de l’EI et les cas de sortie de franchise. Cette page généraliste ne doit pas absorber toutes les règles du régime micro.
7 — Fixer une durée de validité sans inventer un standard
Choisissez une date d’expiration cohérente avec la volatilité de vos coûts, votre charge et le temps de décision du client. Écrivez par exemple « offre valable jusqu’au 31 août 2026 ». Cela facilite le suivi et détermine jusqu’à quand vous vous engagez à maintenir l’offre.
Une offre sans date n’est pas « illimitée » : l’article 1117 du Code civil prévoit qu’elle devient caduque à l’issue d’un délai raisonnable lorsqu’aucun délai n’a été fixé. Comme ce caractère raisonnable dépend du contexte, une date précise réduit l’incertitude.
8 — Prévoir paiement, acompte ou arrhes
Indiquez le calendrier de paiement, le moyen accepté et le fait générateur : à l’acceptation, au démarrage, à la livraison ou par jalons. Si une somme est versée d’avance, qualifiez-la correctement. En relation avec un consommateur, la distinction entre arrhes et acompte entraîne des conséquences différentes ; en B2B, relisez le contrat au lieu de transposer automatiquement la présomption protectrice du consommateur.
Il n’existe pas un pourcentage d’acompte légal valable pour toutes les missions. Il doit être proportionné au risque, aux achats engagés et au calendrier. Écrivez le montant ou le pourcentage, sa date d’exigibilité et son traitement si le contrat s’arrête.
9 — Ne pas confondre devis, CGV et facture
Entre professionnels, les délais de paiement, les pénalités et l’indemnité forfaitaire de 40 € relèvent notamment des conditions de règlement et de la facture. Les rappeler dans le devis peut assurer la cohérence du contrat, mais ne transforme pas le devis en substitut aux CGV ou à la facture. L’indemnité de recouvrement B2B ne doit pas être présentée comme une somme due par un consommateur.
Vérifiez également les règles de communication des CGV. En B2C, les informations précontractuelles doivent être fournies de manière lisible et compréhensible ; en B2B, les CGV constituent le socle de la négociation lorsqu’elles sont communiquées. Le devis porte les conditions particulières du projet.
10 — Ajouter les blocs propres au secteur
Selon le secteur, le devis peut exiger des mentions supplémentaires : détail des quantités et prix unitaires, frais de déplacement, modalités d’intervention, qualifications, assurance obligatoire, médiateur de la consommation, droit de rétractation ou informations environnementales.
Dans le bâtiment, ne déduisez pas l’assurance du seul intitulé de la mission. Lorsque l’assurance professionnelle est obligatoire, les documents commerciaux indiquent les références du contrat, l’assureur ou le garant et la couverture géographique ; l’attestation pertinente doit correspondre à l’activité réellement déclarée. Le devis peinture détaille ce contrôle pour un chantier.
11 — Organiser une acceptation sans formule magique
Une zone datée et signée avec une formule d’acceptation rend le consentement plus facile à démontrer. Mais le droit des contrats ne dépend pas d’une unique formule « bon pour accord ». Un échange électronique, un paiement ou un commencement d’exécution peuvent contribuer à la preuve selon les faits, les clauses et la qualité des parties.
Demandez une acceptation non ambiguë de la version exacte. Si le client modifie le prix, le délai ou le périmètre, ce n’est plus nécessairement l’acceptation de votre offre : confirmez une nouvelle version. Pour la preuve électronique, distinguez le fichier, l’identité du signataire, l’intégrité, l’horodatage et la piste d’audit.
12 — Vérifier la rétractation avant de commencer
Un consommateur peut disposer d’un délai de rétractation pour un contrat conclu à distance ou hors établissement, avec des règles particulières si l’exécution commence avant la fin du délai. Le lieu et le parcours de conclusion comptent ; la seule présence d’un PDF ou d’une signature électronique ne décide pas du régime.
Le guide annuler un devis accepté distingue rétractation, accord amiable et résolution. Avant de démarrer immédiatement, conservez les informations et demandes expresses requises par le cadre applicable.
13 — Envoyer dans un format pratique, puis conserver la preuve
Le PDF est pratique pour stabiliser la mise en page, mais un fichier PDF n’est pas, par nature, inviolable ni automatiquement signé. Envoyez une version nommée avec sa référence, conservez le message d’envoi et demandez que l’acceptation désigne clairement cette version.
Archivez le devis émis, les annexes, la preuve de remise, l’acceptation, les éventuels avenants et la facture finale. Le guide du devis PDF explique comment constituer ce dossier de preuve.
Checklist de contrôle avant l’envoi
- La règle sectorielle applicable a été vérifiée sur une source officielle.
- Les parties et l’établissement contractant sont identifiés.
- La version, la date et la référence permettent de retrouver l’offre.
- Livrables, quantités, exclusions, dépendances et délai sont vérifiables.
- HT, TVA, TTC, options et frais sont présentés sans ambiguïté.
- Validité, paiement et nature des sommes versées sont précisés.
- Les conditions B2B ou les informations B2C sont jointes selon le cas.
- Assurance, rétractation et médiation sont ajoutées seulement lorsqu’elles s’appliquent.
- La méthode d’acceptation et le dossier d’archive sont prévus.
Pour produire le document après ce contrôle, le générateur de devis fournit une base à relire selon votre activité. Aucun générateur ne remplace la qualification du secteur et du contrat.
Sources officielles vérifiées
- DGCCRF — devis, cas obligatoires et contenu selon la prestation
- Entreprendre Service Public — activités concernées et effets de l’acceptation
- Légifrance — Code civil, article 1117 sur la caducité de l’offre
- Légifrance — dénomination et documents de l’entrepreneur individuel
- Entreprendre Service Public — délais et pénalités entre professionnels
- Entreprendre Service Public — exercice et assurance dans le bâtiment
- DGCCRF — médiation de la consommation et personne habilitée à la saisir
Information générale. Sources vérifiées le 24 juillet 2026. Ce socle pratique doit être adapté selon le secteur, le statut, le client et le mode de conclusion ; il ne remplace pas l’analyse d’un contrat ou d’un litige.