13 outils gratuits · Sans inscription · Données 2026
Guides pratiques

Comment faire un devis : guide complet pour débutants 2026

23 min de lecture Par

Par Lucas Ferrand — 8 mai 2026

Par Lucas Ferrand · Fondateur et rédacteur en chef SideBizStarter — Entrepreneur depuis 2018 (6 ans ESN/fintech avant indépendance)
Publié le 8 mai 2026

Marine, retoucheuse photo qui démarre en complément de son boulot d’assistante, m’a envoyé un message panique fin février. Elle venait de décrocher sa première mission : un étudiant de master en droit qui voulait 18 photos retouchées pour son book de candidature, 135 euros. Elle avait dit oui par enthousiasme, puis avait calé en se rendant compte qu’elle n’avait jamais fait de devis. Son message tel quel : « Lucas, j’ai dit oui, le mec attend mon devis ce soir et j’ai aucune idée de ce que je dois mettre dedans, je crois que je vais le perdre. »

Je lui ai passé une méthode simple que j’ai moi-même galéré à construire quand j’ai démarré mon side business en 2018, en parallèle de mon emploi salarié. Dans cet article, je reprends cette méthode pas à pas, avec tous les éléments que ton premier devis doit contenir et pourquoi. Si c’est ton premier devis, ou ton cinquième mais tu n’es jamais sûr, cet article est pour toi.

Avant même de rédiger : les 4 questions à te poser

Avant d’ouvrir Word ou Excel, prends une feuille de papier et réponds à ces quatre questions. Quinze minutes, pas plus, mais ces réponses vont structurer tout ton devis.

Question 1 : qu’est-ce que tu vends exactement ?

C’est la question qui paraît évidente et qui est pourtant la plus souvent négligée. Tu ne « fais du design », tu ne « fais du conseil ». Tu livres un livrable précis. Marine ne « retouchait pas des photos », elle livrait « vingt photographies au format JPG haute résolution, traitées en correction colorimétrique, recadrées en portrait 3:4, livrées sous 5 jours ouvrés par WeTransfer ». La différence est énorme quand un client dit « mais je pensais que tu me ferais aussi un noir et blanc ».

Écris en une seule phrase ce que tu livres exactement, livrables et délai inclus. L’exercice paraît bête mais sur les ateliers où je l’ai fait avec des freelances qui démarrent, environ la moitié bute pendant 5 minutes parce qu’ils n’avaient jamais formulé leur prestation aussi précisément.

Question 2 : combien de temps ça va te prendre ?

Estime honnêtement. Si tu débutes, multiplie ton estimation par 1,5 : les débutants sous-estiment toujours. Marine avait estimé 4 heures pour ses 20 photos, je lui ai dit d’en compter 6 parce qu’une retouche proprement faite prend 15-20 minutes par photo (pas 12).

Question 3 : combien tu veux gagner de l’heure ?

Le tarif horaire cible. Pour un débutant freelance en photographie, j’estimais autour de 25-35 euros de l’heure. Pour un consultant SEO expérimenté, 80-150 euros. Ton tarif horaire dépend de ton expérience, de la difficulté du travail, et du marché.

Question 4 : est-ce qu’il y a des frais annexes ?

Déplacement, outils spécifiques, matériel à acheter, abonnements à souscrire pour la mission. Si tu vas chez le client, le déplacement compte. Si tu dois acheter une licence Adobe pour une semaine, elle compte. Liste tous les coûts indirects.

Une fois ces quatre questions répondues, tu as tout ce qu’il faut pour structurer ton devis.

Les mentions obligatoires d’un devis en 2026 : la base commune

Le contenu d’un devis n’est pas régi par un texte unique mais par un ensemble de textes : Code de la consommation (art. L111-1 et L111-2 pour l’information précontractuelle), Code de commerce (art. R123-237 et R123-238 pour l’identification de l’entreprise, art. L441-10 pour les conditions B2B), et arrêtés sectoriels (notamment l’arrêté du 24 janvier 2017 pour le bâtiment, qui impose un devis détaillé en dépannage/réparation/entretien) ; pour la mention de l’assurance décennale sur les devis BTP, l’obligation provient de la loi du 18 juin 2014 (art. 22) modifiant la loi du 5 juillet 1996, l’assurance décennale elle-même étant issue de la loi Spinetta n° 78-12 du 4 janvier 1978. À noter aussi : le devis écrit est obligatoire en B2C de manière systématique pour les prestations de dépannage, réparation et entretien dans le secteur du bâtiment et de l’équipement de la maison (arrêté du 24 janvier 2017, sans seuil minimal). Au-delà de 1 500 €, la preuve écrite est par ailleurs exigée pour tout acte juridique au titre de l’article 1359 du Code civil. Voici la base commune que doit contenir tout devis, à compléter selon ton secteur (BTP, professions réglementées, vente B2C hors établissement, RGPD si tu traites des données personnelles). Si tu omets une mention obligatoire, les conséquences dépendent de ton client. En B2C, tu t’exposes à des sanctions DGCCRF (amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique, 15 000 € pour une personne morale, art. L131-5 C. conso.). En B2B simple, le contrat reste juridiquement valide selon le Code civil (art. 1101 et suivants), mais une mention oubliée peut affaiblir ta position en cas de litige sur l’interprétation du contrat. Dans tous les cas, mieux vaut ne rien oublier.

Tes coordonnées complètes

Nom ou raison sociale, adresse complète, numéro SIRET (obligatoire dès que tu es immatriculé), forme juridique si applicable (EI, EURL, SASU, etc.), email et téléphone. Si tu es auto-entrepreneur en franchise TVA, ajoute « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

Si tu n’es pas encore immatriculé, tu ne peux pas facturer légalement. Fais ta déclaration d’activité en ligne sur le guichet unique des entreprises (INPI) avant d’envoyer ton premier devis. C’est gratuit et prend 15 minutes.

Les coordonnées du client

Nom, raison sociale si c’est une entreprise, adresse, SIRET si c’est un professionnel. Pour un particulier, nom et adresse suffisent.

La date d’émission

La date du jour où tu crées le devis. Elle sert de référence pour calculer la durée de validité et doit apparaître clairement en haut du document.

Un numéro unique

Chaque devis doit avoir un numéro unique et non réutilisable. J’utilise le format AAAA-NNN : 2026-001 pour mon premier devis de l’année, 2026-002 pour le suivant, etc. Certains préfèrent intégrer un code client, genre 2026-ACME-001. Peu importe la convention, tant qu’elle est cohérente et que tu ne réutilises jamais un numéro.

La description détaillée de la prestation

Pas « prestation de design », mais la description complète de ce que tu vas livrer. Plus tu es précis, moins il y aura de débat ultérieur. Inclus :

  • L’objet exact
  • Les livrables nommés (nombre de fichiers, formats, dimensions)
  • Les exclusions (« ne comprend pas : l’hébergement, les photos, la rédaction des textes »)
  • La méthodologie ou le déroulé si pertinent

Le prix, hors taxes et toutes taxes comprises

Le prix doit être clairement indiqué en HT et en TTC. Si tu es en franchise de TVA, les deux montants sont identiques mais tu dois faire figurer la mention obligatoire « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». C’est une obligation formelle.

La durée de validité

Le temps pendant lequel ton prix reste valable. Sans cette mention, ton devis est juridiquement illimité, ce qui est un piège. 30 jours est le standard français. Pour des prestations dont les coûts fluctuent (matières premières, déplacements), tu peux descendre à 15 jours.

Les conditions de règlement

Comment et quand le client te paye. Acompte à la commande ? Pourcentage ? Solde à la livraison ? Délai de paiement ? Tu dois tout préciser. Tu dois aussi mentionner les pénalités de retard. C’est obligatoire en B2B au titre de l’article L441-10 du Code de commerce (anciennement L441-6), dont les modalités actuelles découlent de la loi LME du 4 août 2008 et de la loi n° 2012-387 du 22 mars 2012 ayant transposé la directive 2011/7/UE. Le texte exact de l’article L441-10 du Code de commerce dit (extrait) : « Sauf disposition contraire qui ne peut toutefois fixer un taux inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal, ce taux est égal au taux d’intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente majoré de 10 points de pourcentage ». En pratique, beaucoup de freelances copient juste « 3 × le taux d’intérêt légal en vigueur » dans leur devis : c’est valable et l’indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement (article D441-5 du Code de commerce, instauré par le décret n° 2012-1115 du 2 octobre 2012).

Exemple de formulation :

Pénalités de retard : taux d’intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement la plus récente, majoré de 10 points de pourcentage (art. L441-10 du Code de commerce). Ce taux ne peut être inférieur à 3 fois le taux d’intérêt légal.

Indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement : 40 € (art. D441-5 du Code de commerce).

Pas d’escompte pour paiement anticipé.

La modalité d’acceptation

Comment le client te signifie qu’il accepte le devis. En général, une zone « Bon pour accord » avec signature et date suffit. Pour un envoi électronique, un retour par email confirmant l’acceptation fait foi.

L’assurance professionnelle (selon secteur)

Si tu travailles dans le BTP, la santé, le conseil juridique ou une autre profession réglementée, tu dois faire figurer sur tes devis le nom de ton assureur, le numéro de contrat et l’étendue géographique de la couverture (assurance décennale obligatoire en BTP, loi Spinetta n° 78-12 du 4 janvier 1978 ; RC pro pour les professions réglementées). Pour les activités non réglementées (rédaction, design, dev web, conseil marketing), la RC pro n’est pas légalement obligatoire mais devient un argument commercial différenciant à mesure que la valeur des contrats avec un même client augmente. Si tu en as une, mets-la, ça rassure et ça te démarque.

La structure type d’un devis lisible

Une fois les mentions obligatoires couvertes, la structure type d’un devis bien construit est celle-ci :


[En-tête : ton identité complète]
[Coordonnées du client]

DEVIS n° [numéro]
Date : [date]
Valable jusqu'au : [date + 30 jours]
Prix DÉFINITIF

OBJET : [description courte en une phrase]

DÉTAIL DE LA PRESTATION :
[description détaillée, livrables, exclusions, méthodologie]

TARIFICATION :
[lignes avec quantité × prix unitaire = total]
Sous-total HT : [montant]
[TVA ou franchise TVA]
TOTAL TTC : [montant]

CONDITIONS DE RÈGLEMENT :
[acompte, délai, pénalités, indemnité forfaitaire]

GARANTIES (si applicable) :
[garantie légale, garantie commerciale, assurance]

ACCEPTATION :
[zone "Bon pour accord" + signature + date]

Cette structure tient en 1 à 2 pages pour une prestation standard. Au-delà, c’est que tu as trop détaillé ou que la prestation est complexe.

Les prix : comment fixer ton premier tarif sans te planter

C’est la partie qui stresse le plus les débutants. Comment savoir si ton prix est juste ?

Comparatif rapide des 3 méthodes

Méthode Quand l’utiliser Avantage Risque
Taux horaire Tu débutes ou tu ne sais pas combien de temps ça va te prendre Tu ne perds jamais d’argent si ça déborde Pénalisé si tu deviens rapide (effet inverse de l’expertise)
Forfait Tu connais bien le périmètre (livrable bien défini) Récompense ta vitesse, prévisible pour le client Si tu sous-estimes, tu absorbes la perte
Valeur perçue Prestations à fort impact business (refonte stratégique, audit SEO senior) Prix indexé sur la valeur, pas sur ton temps Demande de l’expérience pour bien calibrer + un client mature

Il m’a fallu environ 18 mois pour arrêter de calculer mes prix au feeling et passer à une méthode structurée. Pendant cette période, j’ai refusé deux contrats qui auraient été rentables (sous-estimés) et accepté un contrat à 1 200 € qui m’a pris 80 heures (taux horaire effectif : 15 €/h, en dessous du SMIC). Prendre ces méthodes au sérieux dès le premier devis évite ce détour. La troisième méthode (valeur perçue) reste la plus subjective et demande le plus de recalibrage d’une année sur l’autre.

Méthode 1 : le taux horaire cible

Le plus simple. Tu définis un taux horaire cible (disons 40 euros/h pour un débutant dans la plupart des métiers intellectuels), tu estimes le temps de la mission, tu multiplies. Simple, transparent, facile à justifier.

Piège : si tu es trop rapide, tu t’auto-sabotes. Un expert qui fait en 2 heures ce qu’un débutant fait en 10 ne doit pas gagner 5 fois moins. Passe au forfait quand ton expertise dépasse ton temps.

Méthode 2 : le forfait par livrable

Tu fixes un prix pour le livrable final, indépendamment du temps passé. Exemple : « Site vitrine 4 pages : 2 500 € forfait ». Tu gagnes à être efficace, mais tu perds si tu sous-estimes le temps.

Piège : sans clause « conditions de révision », un client peut multiplier les demandes jusqu’à te faire travailler des heures non prévues.

Méthode 3 : la règle de 3 basée sur le salaire visé

Tu réfléchis à ton salaire annuel visé, tu divises par 1 500 heures (pour tenir compte des congés, des trous, des tâches admin non facturables), et tu obtiens un taux horaire minimum. Exemple : si tu veux 30 000 € par an net, tu dois facturer au moins 30 000 / 1 500 = 20 €/h net. En brut avec charges, ça fait plutôt 35-45 €/h selon ton statut.

Mon conseil pour ton tout premier devis

Ne vise pas le prix « optimal ». Vise un prix qui te permet d’accepter sans trop de regret si le client refuse, et qui te permet de gagner un peu d’expérience payée. Pour mon tout premier contrat en février 2018 (j’étais encore salarié à plein temps, c’était mon premier vrai client en parallèle), j’ai facturé 800 euros pour trois jours de travail. C’était sous-évalué de 30 % par rapport à ce que j’aurais pu demander, mais j’ai appris plus sur ces trois jours qu’en dix livres de freelance. Sur le premier contrat, je n’avais pas la maturité commerciale pour défendre un prix juste, et c’est OK. L’apprentissage que j’ai fait sur ces trois jours valait largement les 30 % d’écart.

Comment envoyer ton devis

Format : toujours en PDF

Rédige dans Word si tu veux, mais exporte en PDF avant d’envoyer. Un devis Word modifiable est un problème : ton client peut (volontairement ou par erreur) modifier le document. Le PDF fige le contenu.

Canal : email avec message court et clair

Un email qui va à l’essentiel. Exemple :

Bonjour [Prénom],

Suite à notre échange du [date], voici le devis pour [objet de la prestation].

Tu le trouveras en pièce jointe.

Points importants :

– Prestation : [résumé en une ligne]

– Montant : [total TTC]

– Acompte à la commande : [montant]

– Livraison prévue : [date estimée]

Je reste disponible si tu as des questions ou si tu veux ajuster un point. Pour

valider le devis, il suffit de me renvoyer la dernière page signée.

Belle journée,

[Prénom]

Pas de phrases à rallonge, pas de formules corporate. Un ton direct et professionnel.

Relance : à prévoir après 3-4 jours

Si le client ne répond pas dans les 3-4 jours, envoie un petit email de suivi. Pas agressif, juste un rappel du type :

Bonjour [Prénom],

Je te relance gentiment sur mon devis du [date]. Est-ce que tu as eu le temps

de le regarder ? Si tu as des questions ou des ajustements à proposer, je suis

disponible.

Belle journée,

[Prénom]

Un client qui ne répond plus à la deuxième relance, c’est probablement un client qui ne signera pas. Passe à autre chose.

Les erreurs classiques des premiers devis

Erreur 1 : sous-évaluer pour « garantir » le contrat

C’est la tentation de tous les débutants. « Si je demande 500 €, je suis sûr d’avoir le contrat, alors que si je demande 800 € il va peut-être refuser. » Le problème, c’est qu’un client qui accepte à 500 € attend la qualité d’une prestation à 800 €, et que tu te retrouves à bosser à perte sur du travail non rentable.

Annonce le prix que tu as calculé. Si le client négocie, ajuste si l’écart est raisonnable et si la valeur du contrat le justifie. S’il refuse complètement sur la base d’un sous-prix, c’est qu’il cherchait un prestataire pas cher plutôt qu’un prestataire compétent.

Erreur 2 : oublier les exclusions

Tu écris « site web 4 pages » et ton client s’imagine que tu fournis aussi les textes, les photos, l’hébergement, et la maintenance. À la livraison, il te reproche de ne pas avoir livré « ce qu’il attendait ». Tu aurais dû préciser explicitement dans le devis : « Ne comprend pas : rédaction des textes, photos, hébergement, maintenance post-livraison ».

Erreur 3 : ne pas demander d’acompte

Premier contrat à 800 €, pas d’acompte, tu fais tout le travail, le client disparaît, tu as 800 € qui n’arrivent jamais. Règle pratique : au-dessus de 500 euros de prestation, demande un acompte de 30 à 50 %. C’est suffisamment standard dans les usages B2C et B2B pour que la plupart des clients l’acceptent sans broncher (les rares qui refusent sont souvent ceux pour qui la trésorerie est tendue, ce qui est aussi un signal à prendre en compte).

Erreur 4 : mettre des durées de validité farfelues

« Valable 6 mois » pour un devis où les prix peuvent bouger avec le coût des matières, ou « valable 7 jours » pour un projet complexe qui demande du temps de décision : les deux sont mauvais. 30 jours est le bon compromis pour 80 % des cas.

Erreur 5 : ne pas garder de copie horodatée du devis envoyé

Tu envoies le PDF, le client signe, tu archives. Mais si tu n’as pas conservé une copie du PDF tel qu’il est parti chez le client (avec la date d’envoi), tu n’as aucune preuve de ce qui a été convenu si le client conteste plus tard. Solution : sauvegarde une copie dans un dossier daté, ou utilise un outil de signature électronique qui horodate automatiquement (Yousign Free fait ça gratuitement, j’en parle dans le guide signature électronique).

Checklist finale avant envoi

Avant d’envoyer le devis, relis cette checklist :

  • Mon identité complète est présente avec SIRET ?
  • Le client est identifié ?
  • Il y a une date d’émission et une durée de validité ?
  • Le numéro est unique ?
  • La prestation est décrite en détail avec livrables ET exclusions ?
  • Le prix est en HT et TTC (avec mention franchise TVA si applicable) ?
  • Les conditions de règlement sont précises (acompte, délai, pénalités, indemnité 40 €) ?
  • Il y a une zone signature + « Bon pour accord » ?
  • Le document est exporté en PDF, pas en Word ?
  • Le mail d’envoi est court et clair ?
  • La mention « EI » ou « Entrepreneur Individuel » figure bien avant ou après mon nom (obligatoire depuis le 15 mai 2022, décret n° 2022-725 du 28 avril 2022 codifié à l’art. R. 526-27 du Code de commerce, en application de la loi n° 2022-172 du 14 février 2022 ; absence sanctionnée par une amende contravention 4e classe — 750 €) ?

Si tu réponds oui à tout, tu es prêt.

Pour la liste officielle des mentions obligatoires d’un devis, consulte la fiche entreprendre.service-public.gouv.fr (F31144) et les articles L441-10 et D441-5 du Code de commerce.

Questions fréquentes

Combien coûte un devis à faire ?

Un devis est gratuit par défaut. Tu ne factures le travail de devis que si la prestation demande une étude technique préalable significative (analyse d’un bâtiment ancien, diagnostic complexe). Pour la plupart des prestations intellectuelles, le devis reste gratuit même si tu y passes 2 heures.

Puis-je faire un devis sans être immatriculé ?

Non. Tu dois avoir déclaré ton activité sur le guichet unique des entreprises (INPI) avant de facturer légalement. L’immatriculation est gratuite et rapide. Tu peux préparer ton devis en amont, mais tu ne dois l’envoyer qu’une fois ton SIRET obtenu.

Comment faire un devis sans Word ni Excel ?

Utilise un générateur en ligne. Le générateur de devis SBS est gratuit, sans inscription, et produit un PDF en deux minutes. Tu remplis un formulaire, tu obtiens un devis conforme.

Le client peut-il modifier mon devis ?

Non, un client ne doit pas modifier ton devis. Il peut te demander des changements, et tu émets alors une nouvelle version (devis v2 qui annule et remplace le v1). Mais modifier directement le document envoyé n’a aucune valeur.

Dois-je envoyer les CGV avec mon devis ?

Pour une prestation B2B standard, tu peux renvoyer vers tes CGV via un lien dans le devis (« CGV disponibles sur mon site [URL] »). Pour une prestation B2C, il est plus sûr d’envoyer les CGV en pièce jointe avec le devis pour prouver que le client en a eu connaissance. Si tu n’as pas encore de CGV, le générateur de CGV SBS en crée une version standard en deux minutes.

Et si le client paie en retard ?

Avant la mise en demeure, envoie une relance courte par email à J+3 du retard (« Bonjour, je voulais m’assurer que la facture du [date] est bien arrivée, au cas où »). Sur 10 retards, j’en ai vu environ 7 se résoudre à ce stade par simple oubli du client. Si le silence persiste à J+15, passe à la mise en demeure formelle en recommandé AR (modèle dans mon article lettres types pour litiges devis) en réclamant les pénalités L441-10 et l’indemnité forfaitaire de 40 € D441-5. Au-delà de J+30 sans réponse, tu peux saisir le médiateur de la consommation gratuitement (B2C) ou demander une injonction de payer (B2B).



Ton premier devis paraît intimidant, mais il suit toujours la même recette. Les mentions obligatoires (ajuste selon ton secteur), une structure claire, un prix assumé, et un PDF propre. Ne cherche pas la perfection dès le premier essai, tu vas affiner avec les suivants. Marine a fini son devis le soir même. Son client a mis trois jours à le renvoyer signé (pas deux comme elle espérait — il avait demandé une correction sur le format de livraison, on a réécrit la mention « JPG haute résolution » en « JPG 300 dpi minimum »). Elle a livré dans les délais, le client a payé avec 8 jours de retard sur la date convenue (sans drame, juste une relance polie de Marine pour rappel). Au bilan : son premier devis lui a appris (1) à mieux qualifier le format des livrables avant signature, (2) qu’un délai de paiement glisse souvent, (3) qu’une relance courte est mieux acceptée qu’un silence puis une mise en demeure. C’est pas glamour, mais c’est ça un premier devis qui passe. Pour le premier modèle, prends le template pilier ou le générateur en ligne, et envoie ton devis ce soir.

Ne manquez rien

Recevez nos meilleurs articles directement dans votre boite mail.

S'abonner

Recevez nos meilleurs guides

Un email par semaine, pas de spam. Les nouveaux outils et articles directement dans votre boite mail.

lucas_ferrand
Lucas Ferrand Fondateur de SideBizStarter et rédacteur en chef. Entrepreneur depuis 2018, après 6 ans en tant que développeur salarié dans l'ESN et la fintech. J'ai lancé mon premier side business en parallèle de mon emploi, puis j'ai basculé en indépendant complet en 2021. Je connais les deux côtés : les contraintes de temps du salarié qui monte son projet le soir, et la gestion administrative de l'indépendant à plein temps. Sur SideBizStarter, je partage les méthodes, les statuts (auto-entrepreneur, EI, EURL, SASU) et les questions de cumul salariat/entrepreneuriat avec des chiffres précis pour 2026. Engagement éditorial : toutes les affirmations chiffrées sont sourcées (URSSAF, BPI, service-public.fr), les sujets réglementaires sont relus par Julie Perrin, et je mets à jour les guides dès qu'un seuil ou un taux change officiellement. Écris-moi si tu vois une erreur factuelle.